Séjours linguistiques : attention aux mauvaises surprises.

Les parents ne s’embarrassent plus à exprimer leur mécontentement. Les familles d’accueil sont à l’origine de leur colère.

Pendant trois semaines, Paul a séjourné aux États-Unis dans le cadre d’un apprentissage linguistique. A son plus grand étonnement, le jeune homme a été accueilli par un homme seul dont il hébergeait des adolescents en difficulté. Effectivement, cet homme avait déclaré ces jeunes adultes comme étant ses enfants. Toujours aux Etats-Unis, une autre élève a été reçue par le fils aîné alors que sa famille partait en vacances. Un autre témoignage évoque un comportement douteux du père auprès d’une étudiante. Quant à la fille d’Hélène, elle sortait tous les soirs lors de son voyage en Angleterre. Sans oublier les doublons francophones au sein d’une même famille d’accueil.

A l’égard des mauvaises expériences vécues par leurs enfants, les parents ripostent et engagent des procédures de litige à l’encontre des organismes de séjours. A ce propos, Franck Bardin, le directeur commercial d’Education First (EF), reconnaît qu’ « il y a clairement une hausse de comportements procéduriers chez les parents. Nous devons même faire face à des procès ! Certes, cela ne représente que trois ou quatre cas par an… ». Dans un autre organisme, auprès de Nacel, on concède essuyer « une centaine de plaintes en tout genre pour 11 000 séjours, mais il y a vraiment de tout ». D’ailleurs, le dénominateur commun de ces plaintes est l’accueil dans les familles. Le secteur du séjour linguistique est décomposé en 150 entreprises, d’où la difficulté pour les familles de sélectionner le bon organisme. D’autant plus que le prix d’un tel service est onéreux (entre 1300 et 1600€), les parents condamnent les négligences de ces familles.

Attendu que dans chaque secteur le « bon marché » bourgeonne, ces offres occasionnent des déboires. Hervé Jean, le secrétaire général de l’Association de Parents d’Elèves du privé (APPEL), remarque également « une exigence plus grande des familles et une judiciarisation plus importante » et considère que « parfois les demandes des familles sont subjectives voire déraisonnables ».

L’Office national de garantie des séjours et stages linguistiques (ONGSSL) a affecté une commission d’arbitrage de manière à traiter la foule de contestations. Cette cellule de médiation concentre trente-deux entreprises (ce qui représente 40% du marché), ainsi que des syndicats de parents d’élèves, de même que des associations de consommateurs et des dirigeants d’organisme de voyage. A juste titre, le président de l’ONGSSL, Jean-Pierre Van Deth nous dévoile que « L’an dernier, nous avons reçu une quarantaine de dossiers, dont une trentaine se sont réglés à l’amiable. Pour les autres cas, nous émettons après une enquête des recommandations qui s’appliquent aux organismes affiliés à l’office sous peine d’exclusion ». Dans une autre perspective, L’UNOSEL dirigée par Sylviane Halphen qui compose aussi 40% du marché, nous explique que les conflits sont issus d’une mauvaise organisation. A l’orée des vacances estivales, cette association recouvre près de 400 appels téléphoniques et 30000 mails mensuels. Cette fédération qui conduit également une cellule d’arbitrage a recensé « 47 vrais dossiers de situations à problèmes sur 55 000 départs » selon Sylviane Halphen.

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